Chantier de fouilles au Moustier 2020

Vingt-cinq habitants environ de Thorame-Basse, Thorame-Haute et de la vallée ont été accueillis en cette fin d’été, sur le chantier de fouille au plateau St Pierre par Alexia Lattard, docteur en archéothanatologie, Responsable scientifique de cette opération, CCJ-ADES, Florence Mocci, Archéologue, co-responsable, CCJ, Delphine Isoardi, Archéologue, co-responsable, CCJ, et Robin Veyron, étudiant en archéologie.

Une conférence publique en 2021 viendra compléter et enrichir les premières analyses de ce chantier de fouilles que partage avec nous Alexia Lattard. Nous l’en remercions.

Le projet initial de fouilles sur le plateau St Pierre du Moustier n’a pu être réalisé en juin comme programmé, suite aux conséquences de la Covid 19.

Il s’est donc déroulé sur quelques jours à l’automne, selon une nouvelle stratégie d’intervention :

L’objectif était de comprendre, à travers l’étude des processus sédimentaires au cours du temps, l’occupation du plateau et le recouvrement des vestiges après leur abandon.

Une tranchée Est-Ouest de 30 mètres de long, a été ouverte.

Cette rapide campagne a conduit à la mise au jour de :

– Six murs, probablement datés du Haut Empire, soit entre les Ier et IIIe siècles. Il demeure encore difficile, en l’état des connaissances et compte tenu de l’ouverture trop ponctuelle de cette intervention, de définir avec précision la fonction de ces vestiges bâtis.

– Deux inhumations, pouvant être rattachées à l’Antiquité Tardive, soit une période comprise entre les IVe et VIe siècles. Cette dernière découverte permet également de confirmer l’extension vers l’est de la zone funéraire.

Ces datations sont en adéquation avec celles proposées pour les vestiges mis au jour l’an passé (structures bâties ainsi qu’une vingtaine de sépultures avaient alors été identifiées).

L’observation des coupes de terrain présente sur les parois de la tranchée, en collaboration de géomorphologues et pédoentracologues, du laboratoire CNRS d’Aix-en-Provence (IMBE-LAMPEA), apporte de nouvelles données sur la topographie antique de l’ancien plateau. Cela permet d’envisager la possible installation d’une communauté humaine en bordure d’un ancien vallon.

La stratégie de fouille de l’an prochain porterait ainsi sur le dégagement de l’ensemble de ce secteur depuis le secteur ouvert en 2019, sur une plus grande surface afin de mettre à jour les vestiges d’un possible habitat et de son espace funéraire.

Merci à Alexia Lattard, Delphine Isoardi, Florence Moccid’avoir partagé avec simplicité, chaleur et passion leurs découvertes, leurs premières analyses comme leurs interrogations.

La visite d’une durée d’une heure et demie, s’est clôturée par un apéritif offert par C&P.

Chantier Prospection 2019 par Le Centre Camille Julian sur le territoire de Thorame-Basse et Thorame-Haute

L’opération de prospection-inventaire menée en 2019 sur les communes de Thorame-Basse et de Thorame-Haute (Val d’Allos/Haut Verdon), fait suite à une première opération menée en 2018 (Mocci, Isoardi 2018)i. Deux campagnes se sont déroulées en mai et septembre, avec des équipes de 6 à 15 personnesii, sur 417 hectares, entre 1095 et 2250 m d’altitude. Elles ont bénéficié du soutien financier du Ministère de la Culture-SRA PACA, des communes de Thorame-Basse et de de Thorame-Haute, de l’Association Culture et Patrimoine de Thorame-Basse et du Centre Camille Jullian. 

64 nouveaux sites inédits ont été découverts entre 1095 m et 2233 m d’altitude : 51 sites sur Thorame-Basse et 13 sur Thorame-Haute (soit 13 sites et 53 indices de sites en raison de multi phasages sur certains sites). Quatorze phases d’occupation ont été identifiées dont une période chronologique insoupçonnée jusqu’alors dans ce secteur des Alpes-de-Haute-Provence, le Paléolithique.

À l’issue des campagnes de prospection 2018-2019, 134 sites et indices de sites datés entre la Préhistoire et l’époque moderne ont été recensés, entre 1095 m et 2233 m d’altitude (105 sur Thorame-Basse et 30 sur Thorame-Haute). Au total, 649 hectares ont été prospectées.

Le mobilier est constitué, toutes périodes confondues, de 914 pièces soit 383 objets lithiques, 318 fragments de céramiques, deux fragments d’amphore, cinq fragments de verre, 25 fragments d’objets en métal (scorie, clou ; 1 monnaie), 24 fragments de meule, 2 ossements humains, 5 os de faune dont un façonné et 150 fragments de tegulae et imbrices.

LA PREHISTOIRE constitue, de loin, la période la plus représentée sur le territoire des deux Thorame, avec 99 localisations (dont 48 recensés en 2019), qui occupent, par ailleurs, les altitudes les plus élevées du corpus (29 gisements de plein air et 70 indices de site). Un des apports de la prospection 2019 est la découverte de deux outils lithiques attribués à la Préhistoire ancienne, au Paléolithique, en altitude et dans la vallée, sur la commune de Thorame-Basse. Au Plan Saint-Thomas, à 1095 m, c’est un éclat Levallois qui atteste d’une fréquentation de cette haute terrasse alluviale au Paléolithique moyen. Autre témoignage au cours du Paléolithique (indéterminé), sur le Plateau du Layon à 1487 m d’altitude, un nucléus à éclat.

Les traces d’occupation et de fréquentation se retrouvent sur toutes les zones d’alpage prospectées des deux communes mais aussi, dans la vallée, comme en témoignent les données de la campagne 2019. Ces zones basses étaient alors non documentées à ce jour. L’amplitude verticale des gisements est, de ce fait, assez large, entre 1095 m à 2233 m, dont 22 sites entre 1734 m et 2233 m (Montagne de Tournon, Les Abeourons sur Thorame Basse ; Champlatte et Pisse en l’Air sur Thorame-Haute). À ce jour, trois secteurs se distinguent : en altitude, le Plateau du Layon et les crêtes de Lirette qui totalisent 52 gisements préhistoriques (dont un se rattachant au Paléolithique, deux au Néolithique moyen et quatre au Néolithique final) et le Plateau de Champlatte avec 11 localisations de mobilier ; dans les zones basses, sur le Plan Saint-Thomas/Cote-Rousse, 12 localisations dont un indice de site du Paléolithique moyen et trois sites du Néolithique moyen et final.

L’usage de matière première locale, un calcaire siliceux zoné (accompagné de silex plus exogènes) se retrouve en dessous de 1900 m d’altitude (Layon, Champlatte) mais n’est pas présent entre 1950 et 2250 m (Plateau de Pisse en l’Air, Tournon, Plaine et Col de Jassaud). L’implantation de gisements de plein air (au nombre de 15) mais aussi d’indices de fréquentation sur le plateau du Layon et le long de la Crête de Lirette, laissent envisager, durant la Préhistoire, un axe de circulation relayant, par le Col du Layon, la Vallée de l’Issole au nord et la vallée de la Sasse au sud, dans le Moyen-Verdon. 

Autre donnée nouvelle, la fréquentation des zones d’altitude entre le NÉOLITHIQUE FINAL ET LE DÉBUT DE L’ÂGE DU BRONZE avec la découverte, à 1950 m, d’une pointe de flèche à pédoncule et ailerons en silex blond (Abéourons 1)iii.

L’ÂGE DU FER reste, comme ailleurs malheureusement en zone alpine, difficilement détectable. Seul l’éperon de Beaumon 1, situé à la limite des communes de Thorame-Basse et Argens, sur le plateau du Layon, (1457-1470 m), pourrait être rattaché à cette période. De la céramique non tournée associée à de la céramique antique évoquent également une fréquentation, entre l’âge du Fer et le début de l’Antiquité, sur le Plan Saint-Thomas et le Plateau Saint-Pierre (Thorame-Basse).

L’ANTIQUITE est représentée par un corpus de 29 localisations, dont 18 inventoriés en 2019, uniquement dans les zones basses, entre 1102 et 1352 m d’altitude (2 sites et 27 indices de sites). Deux secteurs se distinguent : le Plan Saint-Thomas/Côte Rousse (1 site et 7 indices de site) et le plateau Saint-Pierre avec la fouille programmée, en 2019, d’un espace funéraire antique (Lattard et al. 2019). Des premiers indices d’occupation antique sont également attestés entre Château-Garnier et le Moustier (Thorame-Basse) et sur les piémonts et les terrasses entourant Thorame-Haute. Enfin, il est à noter que l’Antiquité tardive est représentée par un seul site (Saint-Pierre 3, Thorame-Basse). Le mobilier se compose de fragments de céramiques en grande partie informe (sigillées sud-gauloise et africaine, grise kaolinithique du Verdon, culinaire africaine, céramiques commune à pâte calcaire ou sableuse), deux fragments d’amphore africaine, des fragments de meule, de tegulae et d’imbrices.

Pour la PÉRIODE MÉDIÉVALE (VIIIe-XIe ; XIIIe-XVe), les données de terrain révèlent uniquement du mobilier céramique prélevé sur 11 sites (dont 5 en 2019), entre 1102 et 1563 m d’altitude. Des traces d’occupation entre le VIIIe et le XIe s., attestées par de la céramique à pâte grise, se distinguent au nord du village de Thorame-Haute. Les XIIIe-XVe s. sont présents sur le site de hauteur de Tracastel, le plateau Saint-Pierre et le Plan Saint-Thomas.

LA PÉRIODE MODERNE (XVIe-XVIIIe) est représentée par 23 sites et indices de sites (dont 15 identifiés en 2019), entre 1097 et 1819 m d’altitude. Il s’agit principalement de mobilier céramique recueilli, en 2019, dans les parcelles labourées des zones basses (formes ouvertes et fermées, production régionale et importation italienne). Ce mobilier se retrouve majoritairement sur le Plan Saint-Thomas et, plus ponctuellement, sur les terrasses et piémonts autour du village de Thorame-Haute. Deux hameaux en ruine, en amont de la vallée de l’Issole (les Villards) et en aval, sur le plateau du Meunier (Thorame-Basse), sont rattachés à cette période.

LES SITES DE PÉRIODE INDÉTERMINÉE, au nombre de dix, correspondent, dans la vallée et en altitude (alt. 1124-1760 m), à des anomalies topographiques (Crête du Layon, Plan Saint-Thomas, Plateau Saint-Pierre), à des structures bâties peu visibles et à des amas de blocs structurés, marquant le paysage (tertre de pierre).

Montagne de Tournon, Thorame-Basse, septembre 2019 (cliché L. Damelet, CCJ-CNRS)
Plateau de Pisse en l’air, Thorame-Haute, septembre 2019 (cliché L. Damelet, CCJ-CNRS)

i À l’issue de la campagne 2018, 232 hectares avaient été prospectés et 70 sites et indices de sites, datés entre la Préhistoire (les ¾ des localisations) et l’époque moderne, avaient été identifiés entre 1108 m et 1819 m d’altitude (53 sites sur la commune de Thorame-Basse et 17 sur la commune de Thorame-Haute).

iiEtudiants : P. Boisson, A. Bouder, M.-C. Brelle, T. Durand, A. Popovitch, R. Veyron. Bénévoles : E. Anselmo et Corto, J. Battentier, J. Berthaud, A. Bresson, R. Caverni et Tina, L. Charriere, J.-L. Clement, D. Cointrel, C. Eugene, L. Frassetto, J-Cl. Gallner, C. Gaudillere, P. Giraud, C. Goudey, C. Grac, J. Kintz, M. Mane, M. Marmora, G. Minguel et Eliott, C. Paquet, D. Pellestor, J. Reynaud-Suzor, S. Richer, M. Simon, J. Suquet, M. Tournissa, D. Vial et A. Warter. SDA 04 : T. Castin. SRA PACA : R. Chastagnaret. CCJ : L. Damelet et L. Roux. Analyse du mobilier lithique : S. Renault, J.-P. Bracco, P.-J. Texier et G. Porraz, du LAMPEA. Etudes du mobilier antique, C. Huguet (DAMVA-Direction archéologie et Museum, Aix en Provence) et du mobilier médiéval et moderne, G. Guinova et A. Cloarec (LA3M). 

iii Outil découvert en 2015 par Jean-Paul Duyé. Attribution chrono-culturelle définie par S. Renault en décembre 2019 (LAMPEA)

Notes de Florence Mocci et Delphine Isoardi
Archéologues du Centre Camille Julian

Chantier de Fouilles, Plateau St Pierre au Moustier, 2019

La première campagne de fouille programmée sur le Plateau de Saint-Pierre (commune de Thorame-Basse, 04), a révélé un espace funéraire antique à 1304 m d’altitude. Des structures bâties et 18 sépultures ont été partiellement mises au jour sur 125 m2. L’aire de fouille (zone 1) porte sur les tombes découvertes anciennement par les propriétaires et englobe la frange orientale d’un vaste pierrier (fig.1 et 2). Afin d’appréhender les processus sédimentaires, une tranchée NO/SE a été ouverte sur 10 m de long et 1,40 m de large (Tranchée 1). Le creusement à plus de 1,90 m de profondeur (Sond.1 : 2 m²) a mis en évidence la séquence stratigraphique du site jusqu’au substrat (argiles et marnes). Au total, 80 unités stratigraphiques ont été individualisées et cinq états ont été distingués au cours de cette première campagne.

Plan zone funéraire

L’État 1 (Protohistoire ?) correspond aux plus anciennes traces d’occupation identifiées mais encore de manière très sporadique (parois en terre crue et deux fosses, FS1et FS2 non fouillées).

L’État 2 (Ier-IIe siècles) est caractérisé par des vestiges de structures bâties très arasées (MR1, 2 et 5). Les murs MR1 et MR2 (zone 1), forment un angle droit et présentent un double parement et un blocage de moellons liés à la terre. Un amas compact de blocs calcaire et de tuf laisse envisager un aménagement anthropique dans l’espace interne de ce bâtiment (US 1038). Le mur MR5 parallèle au MR1 (axe N/S), est situé 10 m plus à l’est et présente un double parement en blocs calcaire et un blocage lié au mortier. La fonction et la relation entre les différents murs ne peuvent encore être précisées.

Deux structures de crémations ont été identifiées dans la zone 1 : la structure secondaire SP 5 livre 156,9 g d’os humains brûlés se rapportant à un sujet adulte, une grande quantité de verre fondu et des charbons dont l’étude anthracologique (c’est-à-dire des charbons de bois présents dans les résidus de crémation) révèle une multiplicité d’essences locales ; la seconde a été protégée en vue d’une opération future (SP 16 – structure primaire). La présence de verre permet de rattacher cette phase entre le Ier et le début du IIIe siècle.

L’État 3 (Haut-Empire/Antiquité tardive) est subdivisé en trois phases. L’état 3a correspond à une phase d’abandon et de destruction des structures bâties entre le début et le milieu du IIIe siècle.L’état 3b marque une continuité de l’occupation du site, hors de l’espace bâti détruit, illustrée par un trou de poteau au nord de MR5 (TP1). Lors de l’état 3c intervient, sans doute entre la 2e moitié IIIe et le 1er quart du IVe siècle, une phase d’abandon révélée par des dépôts sédimentaires (US 1003).

L’État 4 (Antiquité tardive ; IVe– VIe siècles) est caractérisé par une nouvelle occupation funéraire du secteur : 16 inhumations ont été mises au jour dont neuf ont été fouillées cette année (SP 1, 2, 3, 4, 6, 7, 8, 9 et 13). Les autres ont été soigneusement protégées en vue de la poursuite de la fouille en 2020 (SP 10, 12, 14, 15, 17 et 18). Les défunts (adultes et plusieurs périnataux) sont inhumés dans des coffrages composites (bois et tegulae) ou simplement dans des linceuls. Le mobilier est constitué d’éléments de parure (bracelet, boucle d’oreille ou perles en verre). La chronologie de cette occupation se situerait entre le IVe siècle et le début du VIe siècle d’après la stratigraphie et la datation 14C de la SP 1 (392 et 538 cal. AD ; fig. 3). Le niveau de circulation correspondrait au sommet de l’US 1003, détruit par l’érosion et les travaux agricoles postérieurs à l’Antiquité tardive.

L’État 5 Aucun vestige, ni mobilier céramique des périodes médiévale et moderne n’a été identifié. Cette absence pourrait être due à d’importants phénomènes d’érosion liée à un faible couvert forestier (absence d’opération de reboisement en vue d’une stabilisation des sols de pentes). Longtemps mis en culture, le plateau est aujourd’hui une zone de pâturage et faisant l’objet de pillages archéologiques constatés à plusieurs reprises sur le site.

En parallèle, et afin de mieux appréhender et évaluer l’emprise des vestiges archéologiques en vue de la programmation d’une opération triannuelle, une prospection géophysique qui permet la lecture des sous-sols, et notamment de déceler la présence éventuelle des vestiges, grâce des procédés électriques et magnétiques s’est tenue à l’automne 2019 sur les sites de Saint-Pierre 1 et Saint-Pierre 2. Trois méthodes ont été utilisées : la cartographie de champ magnétique, la cartographie de conductivité électrique par instrument électromagnétique (EM) et la tomographie de résistivité électrique (ERT).

Sur le site de Saint-Pierre 1, les résultats signalent l’étendue d’une construction à une quinzaine de m2 d’orientation N/S, jusqu’à 1 m de profondeur au centre d’un tertre qui correspondrait à la destruction d’une chapelle.

Sur le site de Saint-Pierre 2, sur la carte se distingue une anomalie de forme elliptique, peu claire, d’environ 40 m d’envergure. Elle pourrait correspondre à des structures bâties associées à des niveaux de démolition. 

Alexia Lattard,
docteur en archéothanatologie,
responsable du chantier fouilles

Assemblée Générale Ordinaire du 18 juillet 2020

15 adhérents présents
19 procurations envoyées
Soit un total de 34 personnes présentes ou représentées.

Bilan moral

Au cours de l’année écoulée, au-delà des difficultés inhérentes à toute vie associative, le Conseil d’administration, avec dynamisme, a poursuivi ses missions grâce :

–  A la clarté de ses objectifs associatifs,

– Une volonté collective et un climat serein de cohésion pour documenter et valoriser le patrimoine thoramien,

–  La poursuite d’un partenariat fructueux avec les associations partenaires,

– Le maintien et le développement de sa collaboration avec les scientifiques qui nous accompagnent depuis maintenant trois ans.

La large participation de la population de la vallée à la Mobilisation pour la sauvegarde de la tour de Piégut, confirme la pertinence des choix associatifs

Bilan d’activités

Tour de Piégut

Le dossier de sauvegarde de la tour a fortement mobilisé en juin, juillet et août 2019 les administrateurs, les adhérents et les sympathisants de C&P pour aller à la rencontre de la population afin d’expliquer la situation des risques imminents d’écroulement de la tour mais aussi répondre aux interrogations.

Les 1117 signatures, prouvent l’attachement des thoramiens et des habitants de la vallée à cette tour, témoin de notre riche histoire.

Notre démarche a bénéficié des conseils scientifiques de messieurs Chastagneret de la Drac, monsieur Buccio du service Archéologique Départemental du 04, de monsieur Faucherre professeur à l’Université d’Aix en Provence et Expert auprès de l’Unesco, des équipes d’archéologues de Camille Jullian.

Diverses réunions à l’initiative de C&P ont permis de mieux comprendre le statut particulier de la tour qui se situe sur le domaine domanial et non communal : C&P-l ‘ONF, ensuite C&P-

l ’ONF-Maire, enfin rencontre avec la Fondation du Patrimoine à Digne.

De plus C&P a organisé une réunion, sur site, avec l’ONF, la municipalité et Mr Boutin architecte spécialisé en restauration de monuments anciens. Il a adressé à la municipalité un dossier sur la faisabilité de la sauvegarde de la tour et sa restauration, accompagné d’un devis. 

A chaque rencontre nos interlocuteurs ont manifesté individuellement et collectivement leur intérêt pour notre démarche et confirmé leur soutien à celle-ci. 

Le dossier a été envoyé à Mr le sénateur, madame la députée et madame la Conseillère départementale de Colmars.

Les 1117 signatures ont été apportées par les membres du C A à madame la sous-préfète de Castellane le 10 janvier 2020. L’entretien d’une heure et quart a permis de poser la complexité de la situation juridique de la tour. Cette complexité, l’ONF et la municipalité ont la possibilité de la solutionner par la signature d’une convention. Madame la sous-préfète  s’est engagée à faciliter cette démarche en réunissant les acteurs concernés.

L’urgence aujourd’hui, après la période du Covid qui a sérieusement ralenti le traitement de nombreux dossiers, est la signature de deux conventions entre la mairie et l’ONF :

-Signature d’une convention sur le sentier botanique.

-Signature d’une convention sur la Tour de Piégut, afin que la mairie soit identifiée comme maître d’ouvrage pour le sauvetage de cette tour. Condition sine qua non pour lancer les demandes de subvention auprès des financeurs possibles: département, région, état, Europe. 

Il est rappelé que ses travaux peuvent être couverts à 80 % par les subventions. Par ailleurs la valorisation du patrimoine crée un tourisme culturel, source de revenus économiques pour la Vallée.

Autres dossiers en attente

1) Madame Tugas de la Drac, à la demande de C&P,  a fait une inspection, d’une demi-journée, sur Thorame-Basse.

Elle a adressé deux rapports à la municipalité:

  • Sur l’état de conservation de l’abside où se trouve la fresque,
  • Sur le traitement de l’armoire classée se trouvant dans l’église de Thorame ;

Un troisième rapport doit parvenir sous peu à la mairie. Il est consacré uniquement à la sauvegarde de la peinture murale de la chapelle de st Thomas, qui doit être traitée pour éviter sa dégradation constatée.

Dans ses rapports madame Tugas précise que ses services sont disponibles pour accompagner la municipalité sur le plan scientifiquement et financier. 

2) Tableau l’incrédulité de St Thomas dans la chapelle du même nom. 

Mr Badet du CAOA, (Conservation des Antiquités et Œuvre d’Art), a rédigé un rapport sur la qualité exceptionnelle de ce tableau, à conserver. Tableau cité par Jean Soanen en 1697. Cf. le livret les visites de Jean Soanen évêque de Senez en visite à Thorame-la basse.

Deux devis ont été demandés par la mairie, auprès de restaurateurs habilités par le ministère. Le dernier devis en date de 22 juillet 2019, fait le constat d’un tableau en très grande fragilité qui nécessite une intervention urgentissime afin de pouvoir le sauver. Le coût est estimé 3 759 euros pour assurer sa sauvegarde et 28 050 euros TTC pour le traiter.

3) Le moulin de la Valette datant du 16° siècle est sur une propriété privée. Les propriétaires seraient susceptibles de vendre la parcelle à la mairie, des démarches sont à engager par la municipalité

4) Le four de la valette, seul four communal restant sur notre territoire, nécessite une intervention sur sa voute. Un devis est déposé en mairie depuis plus de 10 ans, sans réponse. Une décision municipale est à prendre après une réactualisation du devis

Chantier de prospection et de fouille.

L’intervention de l’équipe de Camille Jullian a eu un impact considérable pour justifier et donner du sens à l’action de C&P. Elle a fédéré des énergies individuelles en une démarche collective. Le Conseil d’administration sait traduire les sentiments de tous en les remerciant pour leur professionnalisme, leur disponibilité et le partage de leur savoir.

Après de nombreuses incertitudes, l’accord officiel est donné pour un chantier de fouilles au Moustier du 6 au 11 septembre 2020.

Le chantier de prospection de Thorame-Basse et Thorame-Haute se déroulera du 19 au septembre au 2 octobre 2020.

La conférence du 29 août permettra d’avoir un bilan exhaustif des fouilles de 2019.

Les conférences 2019

Participation de quatre-vingt personnes en moyenne à chaque conférence. Les conférenciers furent de grande qualité, le public attentif et fort participatif.

6 avril : Archéologies et paysages en moyenne et hautes montagnes depuis la préhistoire par  Florence Mocci et Kevin Walsh

29 juin visite commentée des fouilles du plateau st pierre par Alexia Lattard, Delphine Isoardi, Florence Mocci

29 juillet Se déplacer à Thorame-Basse au siècle de Louis XIV par Olivier Joseph

16 août : Le Provençal dans le Haut Verdon, marqueur d’Histoire et d’Identités par Jean-Luc Domenge

1er octobre : Chantier de prospection-inventaire archéologique 2018-2019 à Thorame & Aperçu des travaux de recherches en Haute-Ubaye par Florence Mocci et Delphine Isoardi , à Thorame Haute en partenariat avec PCTH

Exposition les Zones Humides de Thorame-Basse 

Exposition conçue en partenariat avec le CEN Paca, afin de faire connaître les zones humides sur le territoire de la commune. Elle a accueillie 250 visiteurs, qui ont laissé des traces écrites de leur intérêt, sur le livre d’Or

Une journée pédestre à la découverte des Zones Humides et de la biodiversité de Thorame à réuni 30 participants.

Il est à signaler que cette exposition a pu voir le jour grâce à la volonté partenariale affirmée du CEN Paca et de C&P. 

Atelier

10 août : atelier de débroussaillages en matinée au plateau St Thomas. Le débroussaillage avance. Il est reconduit pour 2020.

Bilan financier 2019

Le trésorier présente le bilan financier de l’année 2019

Avant tout, il tient à remercier les financeurs, principalement la municipalité, mais tout particulièrement les administrateurs et bénévoles pour le temps qu’ils ont offert mais aussi pour leur contribution matérielle au profit de l’association.

Preuve en sont les frais de fonctionnement de 239.44€ (assurances incluses).

L’ensemble des actions réalisées a pu être bouclé avec un budget de 1 261.80€ (tableau détaillé présenté en AG) auquel s’ajoutent 95 € de cotisations à d’autres associations et une aide exceptionnelle aux archéologues de 441.99€ pour leurs « frais de vie » pendant leur présence chez nous, soit un global de 2 038,23€ équilibré par 540€ de cotisations et une subvention de la municipalité de 1 500€.

PROGRAMME 2020

Conférences :

13 juillet : Pour Dieu, le Roi et le Bien public. 1720 la peste dans le Haut Verdon, par Olivier Joseph

30 juillet : Conte et tradition orale en Provence. Entre permanence et oubli.

14 août : Lecture d’archives par la Mobile Compagnie

28 août : Le repos des alpins. Pratiques funéraires de l’âge de fer à la période gallo-romaine dans les Alpes du sud est.

Exposition :

Les visites de l’évêque Jean Soanen à Thorame-Basse de 1697 à 1723 en partenariat avec les Archives Départementales du 04 qui présentent le diocèse de Senez.

Un livret, au coût de 10 euros, sera proposé à la vente. Il retranscrit les visites de cet évêque sur notre commune. Ce travail traduit la volonté de C&P de donner à connaitre l’histoire de Thorame-Basse à partir de sources authentifiées.

Atelier :

1er aout : Chantier de débroussaillages au Plateau st Thomas

Prévisionnel financier 2020

Face aux résultats obtenus, à la motivation de tous, aux multiples témoignages d’intérêt reçus et aux chantiers importants pour lesquels nous avons décidé de nous mobiliser dès cette année 2020, C&P a besoin de s’affirmer et prendre progressivement une certaine autonomie.

C’est pourquoi nous avons prévu un budget de fonctionnement plus important, mais nous avons pour cela sollicité l’aide du FDVA

Nous avons demandé une plus grande participation à la municipalité et avons élaboré avec elle un partenariat dans l’aide aux archéologues dont les découvertes et le travail apportent énormément à C&P mais aussi à la commune et sans doute au-delà.

Le programme 2020 qui vient d’être présenté est comparable à celui de 2019, mais viennent s’ajouter Piégut (Tour et Sentier Botanique), le canal du Moustier

Nous avons présenté un prévisionnel détaillé qui peut se résumer ainsi :

Frais de fonctionnement 730
Cotisations autres associations 120
Cotisations 500
FDVA1100
Ensembles des actions
(y compris aides aux archéologues)
5250
Subvention municipalité4500
Totaux6100

Projets 2020-2021

  • Dossier Tour : signature de la convention avec l’ONF et tout particulièrement le financement de l’étude de faisabilité.
  • Dossiers : fresque de St Thomas et son abside, tableau de l’incrédulité de St Thomas, armoire de St Pierre-aux-Liens.
  • Projet Eau FDVA, exposition de 2021
  • Restauration du sentier botanique de Piégut.
  • Canaux du Plan St Thomas et du Moustier
  • Récolement des objets liturgiques avec la Drac
  • Poursuite recherches historiques sur T-B, avec les adhérents ou sympathisants

Votes

Approbation du bilan d’activités 2019 Voté à l’unanimité

Approbation du rapport financier 2019 Voté à l’unanimité

Approbation du programme d’actions 2020 Voté à l’unanimité

Approbation du budget prévisionnel 2020 Voté à l’unanimité

Quitus à la Présidence Voté à l’unanimité

Quitus au trésorier Voté à l’unanimité

Election du Conseil d’Administration

Adhérents posant candidature au CA : Giraud Paul, Grac Charly, Perez Joseph, Reboul Micael.

Renouvellement de mandat :

Bresson André, Caverni René, Chailan Philippe, Frassetto Laetitia, Kints Jean, Miguel Yvette, Roux Alain, Simon Martine.

Vote :

Election à l’unanimité des 12 membres se présentant au Conseil d’administration.

Remerciements

Au nom du Conseil d’administration, le président remercie les partenaires qui nous accompagnent et nous soutiennent tout au long de l’année :

Le maire, le Conseil municipal et le personnel communal, les équipes du Centre Camille Jullian, Mrs Faucherre, Buccio, Chastagneret, Le FDVA, La Fondation du Patrimoine, Les Archives Départementales des AHP, L’ONF, Monsieur Imhoff, Le Père Alain Benoit , La CDAS, Verdon info, L’Office Tourisme Colmars,

Et tout particulièrement les adhérents, les sympathisants présents à nos côtés.

Le Président, Le Trésorier,

André Bresson                                             René Caverni